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vendredi 21/08/2026

Genève est blindée pour la visite du président américain. Les frères Elezi, originaires du Kosovo, offrent cafés et glaces aux journalistes américains – Thank you, USA !..

GENÈVE – Pendant 48 heures, Genève s’est transformée en l’une des villes les plus sécurisées et les plus contrôlées au monde. Des milliers de policiers et de membres des forces de sécurité suisses ont été mobilisés afin d’assurer le bon déroulement du sommet historique au cours duquel le président américain Joe Biden devait rencontrer le président russe Vladimir Poutine.

Dans le secteur autour de la Villa La Grange, où se déroulait la rencontre des deux dirigeants des superpuissances, la vie normale s’était pratiquement arrêtée. Les magasins, restaurants et autres établissements avaient fermé leurs portes pour des raisons de sécurité. Mais il y avait une exception.

Un restaurant albanais originaire du Kosovo avait continué à rester ouvert

Il s’agissait de « La Rotonde de Baby-Plage », un restaurant situé au bord du lac Léman, propriété des frères Sabit, Shaban et Mexhit Elezi, originaires de Zhegra, près de Gjilan, au Kosovo.

Le restaurant se trouvait dans l’un des secteurs les plus fréquentés autour du sommet et, grâce à la confiance établie au fil des années, les autorités suisses et genevoises avaient autorisé l’établissement à poursuivre son activité pendant les journées du sommet.

Et ce qui s’y est passé constitue une histoire à part entière.

Des milliers de personnes sont passées devant le restaurant albanais

Durant ces journées, de nombreuses délégations internationales, hauts fonctionnaires, diplomates, policiers, militaires, membres des services de sécurité ainsi que des journalistes venus du monde entier sont passés devant « La Rotonde de Baby-Plage ».

Parmi eux se trouvaient également des centaines de journalistes américains venus à Genève pour couvrir la rencontre Biden–Poutine.

Les frères Elezi avaient à peine le temps de souffler.

Le restaurant, qui dispose de plus de 100 places, affichait complet. Durant les journées chaudes du sommet, les clients faisaient la queue pour manger ou boire quelque chose, tandis que le personnel travaillait sans relâche.

C’est précisément pour cette raison que nous avons pu nous entretenir avec les propriétaires du restaurant seulement après la fin du sommet.

Les journalistes américains ne payaient pas

Mais ce qui a particulièrement retenu notre attention fut un geste pour le moins inhabituel dans un restaurant aussi fréquenté.

Les journalistes américains mangeaient et buvaient sans payer.

Pour les frères Elezi, il ne s’agissait pas d’une perte économique. C’était une manière d’exprimer leur reconnaissance.

Mexhit Elezi l’a expliqué simplement dans une déclaration à LeCanton27.ch :

« Comment voulez-vous que les journalistes américains paient ? Ils ont tellement fait pour le Kosovo et pour les Albanais. »

Il se souvenait des années de guerre, lorsque les journalistes américains se rendaient sur le terrain, dans les montagnes et les campagnes, en hiver comme en été, au milieu des réfugiés albanais au Kosovo, à Stankovec et dans les zones de guerre, afin de rendre compte de ce qui se passait.

« Ils étaient auprès des réfugiés et sur les fronts de guerre, aux côtés de l’UCK, pour rendre compte de la situation sur place et montrer au monde la vérité sur le Kosovo. Pour montrer les crimes et les massacres qui étaient commis contre les Albanais. Alors, franchement, comment pouvions-nous dire à ces collègues américains : payez ? Dans les moments les plus difficiles, ils étaient à nos côtés. »

C’est précisément pour cette raison que les journalistes américains ont été surpris par ce geste.

L’un d’entre eux, Robert W., en remerciant la famille Elezi pour son accueil, son service ainsi que pour la nourriture offerte gratuitement, a déclaré que ce geste l’avait laissé sans voix.

Selon lui, l’hospitalité des frères Elezi leur avait également permis de mieux comprendre une autre dimension du peuple albanais.

« Nous comprenons maintenant encore mieux qui sont les Albanais »

Le journaliste américain, dans une déclaration à LeCanton27.ch, a particulièrement apprécié le fait que cette hospitalité n’était pas simplement un service gratuit, mais un geste de reconnaissance pour le travail accompli par les journalistes pendant la guerre du Kosovo.

Il a exprimé son appréciation pour les Albanais ainsi que pour l’accueil qui leur avait été réservé à Genève.

Et cette histoire possède une symbolique particulière :

Certains des journalistes qui avaient couvert la guerre au Kosovo, deux décennies plus tôt, se retrouvaient à nouveau face aux Albanais — mais cette fois, non pas au milieu de la guerre, mais dans l’une des villes diplomatiques les plus importantes du monde.

Une tradition qui n’a pas commencé avec le sommet

Le geste des frères Elezi n’était pas le premier.

La famille Elezi, originaire de Zhegra, près de Gjilan, s’est engagée dans différentes formes de solidarité avec les Albanais avant la guerre, pendant le conflit et après la libération du Kosovo.

Selon les témoignages de la famille, elle a aidé des familles dans le besoin, des enfants orphelins ainsi que des familles d’anciens combattants de l’UCK, en leur apportant de la nourriture, des vêtements et d’autres formes d’aide.

Pour eux, la solidarité n’était pas un slogan.

C’était une manière de vivre.

 

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