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lundi 15/07/2024

Presse: Le prix de la liberté

Aucune raison va- lable apportée, ni ju- ridique ni technique, par son Service d’Information. Seul reproche exprimé : avoir pu- blié un reportage dans le pré- cédent Annuaire de l’APES sur un état non membre de l’ONU. Audace qui pourrait pousser un membre perma- nent du Conseil de Sécu- rité à se plaindre et donc de gêner l’ONU parlaprésence du siège de l’APES dans ses locaux

Jean MUSY (Président sortant de l’APES)

Après la pandémie de Co-vid 19 et tous ses variants qui se succèdent, voilà que la guerre en Ukraine et ses conséquences politiques et économiques mon- diales, nous rappellent que l’histoire se réécrit sans cesse dans notre monde globalisé. Les crises se suivent sans que les leçons des unes apportent des solutions aux autres. Au contraire. Les conflits d’intérêts et les querelles idéologiques ont de beaux jours devant eux.

Siège de l’APES exclu de l’ONU

La nouvelle polarisation des forces et des influences nous ramène au temps pas si lointain de la guerre froide. Comment comprendre au- trement la décision de l’ONU de priver l’APES de son local en 2021,après 40 ans depré- sence régulière au sein de ses bâtiments genevois ? Trois ans à peine après avoir célé- bré en grandes pompes nos 90 ans, par une cérémonie dirigée par Michaël Møller, son directeur général d’alors, à l’occasion d’une grande ex- position photographique au centre du Palais des Nations.

Aucune raison valable apportée, ni juridique ni technique, par son Service d’Information. Seul reproche exprimé : avoir publié un reportage dans le précédent Annuaire de l’APES sur un état non membre de l’ONU. Audace qui pourrait pousser un membre permanent du Conseil de Sécurité à se plaindre et donc de gêner l’ONU par la présence du siège de l’APES dans ses locaux. L’ONU serait-elle sous influence ou n’est-ce qu’un peu de zèle appuyé de quelques hauts fonc-tionnaires, par ailleurs plus prompts à contrôler les jour- nalistes qu’à les informer ?

Contrainte, l’APES a donc déplacé son siège et une par- tie de ses archives chez un membre, en attendant de retrouver un local. « La liberté de la presse est nécessaire », nous rappelle dans ce numéro, Ignazio Cassis, le nouveau pré- sident de la Confédération. Conscient du poids de l’éco- nomie sur les médias et les journalistes, il insiste : « il est essentiel que des journalistes indépendants puissent analy- ser le monde ».

Le président sortant du Conseil d’Etat genevois, Serge Dal Busco nous déclare ici encore qu’« il est reconnu qu’un public bien informé est une condi- tion fondamentale pour une démocratie fonctionnelle ». Les acteurs politiques suisses au plus haut niveau, connais- sant l’importance de la Ge-nève internationale, savent bien que le devoir d’informer des journalistes souscrit dans leur charte professionnelle, répond au droit de savoir du public. Et que toute pression ou contrainte à l’exercice de leur profession est une en- trave, voire une atteinte à la liberté de la presse. Même à l’ONU !

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