26.2 C
Berne
jeudi 18/07/2024

Le 13 février, les médias en Suisse ont-ils été trahis par leurs lecteurs ?

Nefail MALIQI

Rédacteur en chef du journal Suisse en Albanais Le Canton27.ch

Le référendum du 13 fevrier n’était pas seulement un référendum, mais aussi un test des citoyens sur leur degré d’humanité et de solidarité envers les journalistes, envers les médias qui ont monté la garde « non stop » nuit et jour dans la guerre contre le coronavirus pour la santé des citoyens , c’est-à-dire ceux qui aujourd’hui ont dit non à l’aide aux médias, écrit le journal suisse en albanais Le Canton27.ch

Le Conseil fédéral et le Parlement ont voulu renforcer les médias par une série de mesures, notamment financières, alors que la droite pense différemment, critiquant l’ingérence de l’État dans les médias. Le Parlement et le Conseil fédéral ont souhaité soutenir les médias en Suisse en allouant jusqu’à 151 millions de francs supplémentaires par an. Le soutien aux médias a été rejeté par la plupart des électeurs, 54,6% ont répondu NON. La loi franchit la rampe surtout dans les cantons romands (GE, VD, FR, NE, JU, BS et UR),  rapporte le journal suisse en albanais Le Canton27.ch

Les médias, après le 13 février, dans la grande crise en Suisse. Comment peut-on dire que les médias sont le baromètre de la démocratie d’un pays ?

«Les médias font grise mine», «Presse qui roule n’amasse plus mousse», «les médias dans la tourmente», «le journalisme en danger», titrent ainsi les quotidiens romands ce matin en tentant d’expliquer les raisons de ce refus populaire avec 54,6% pour l’aide les médias.

Le vote positif de la quasi-totalité de la Suisse romande en faveur de l’aide aux médias peut être lié à la sensibilité des romands à sauvegarder et à protéger les médias francophones. En effet, ces dernières années, de nombreux médias de Suisse romande ont disparu. Les médias suisses, en particulier ceux de la partie francophone, se sont rétrécis au cours des deux dernières décennies en raison des crises économiques, qui au cours des deux dernières années ont été marquées par le COVID-19.

En effet le secteur n’est plus rentable car les recettes publicitaires vont aux grands groupes internet. Aussi ce vote risque de nuire aux petites et moyennes entreprises de médias, qui auraient le plus bénéficié de cette aide.

L’échec de ce soutien financier aux médias le 13 février a déçu non seulement près de la moitié des citoyens suisses qui ont dit OUI à cette initiative, mais surtout des journalistes et des représentants des médias de toute la Suisse qui font face à des crises et des problèmes financiers.

Non seulement cela, comment peut-on lutter contre le crime organisé dans les médias avec des conditions ecto ou comment les médias peuvent-ils contribuer à l’intégration des étrangers dans notre pays avec ces conditions, où les journalistes d’aujourd’hui en Suisse, en particulier les célibataires et les privés, sont en crise, qui luttent pour exister ou ne pas exister, qui n’agissent pour survivre que pour préserver la profession ou pour préserver le titre des médias menacés de fermeture, comme de nombreux médias et portails ont été fermés ces dernières années, notamment en Suisse Francophone. Alors, dira-t-on à juste titre que le baromètre de la démocratie ce sont les médias?!

Les « mauvais lecteurs » qui n’ont pas voté pour l’aide aux médias, pourraient être « punis » par ces derniers par l’augmentation des prix des journaux, des programmes télévisés et d’Internet !

Le référendum du dimanche derinere n’était pas seulement un référendum, il était également un test des citoyens sur le degré d’humanité et de solidarité envers les journalistes, envers les médias qui ont monté la garde « sans arrêt » nuit et jour dans la guerre contre le coronavirus pour la santé des citoyens , c’est-à-dire pour ceux qui aujourd’hui ont dit non à l’aide des médias! Si ce n’est pas ce respect pour les médias, sinon ça s’appelle de la traîtrise!

Bref, cet échec du référendum du 13 fevrier en Suisse a prouvé autre chose. Outre la (non) solidarité avec les médias, il a aussi révélé le visage des lecteurs face aux médias, aux journalistes qui depuis deux ans s’occupent de leur santé en travaillant jour et nuit, en tant qu’« infirmiers » sans blouse blanche, luttant de front pour protéger les citoyens, donc pour la santé de leurs lecteurs !

Les « mauvais lecteurs » qui n’ont pas voté pour l’aide aux médias pourraient être «punis» par ces derniers par l’augmentation des prix des journaux, des programmes télévisés et d’Internet. Par exemple avec redevance annuelle radio et télevision (taxe annuelle) par ménage.

Cependant la question qui se pose est celle de savoir de quelle manière les lecteurs et les téléspectateurs en Suisse, c’est à dire dans les 26 cantons, pourraient être punis. Tout simplement, selon le journal suisse albanais Le Canton27.ch, cette punition pour les « mauvais lecteurs » pourrait être partielle. C’est-à-dire que les prix devraient être augmentés dans les cantons (20) qui ont dit NON à cette initiative afin d’aider les médias à se redresser. Si cela ne fonctionne pas non plus, alors les cantons gagnants de cette initiative pro-média devraient s’organiser et trouver des moyens d’aider, de stimuler les représentants des médias à exercer leur profession correctement et rapidement.

Derniers articles