GENÈVE, 27 septembre 2026 – La Place des Nations, à Genève, s’est transformée aujourd’hui en point de rassemblement de nombreux Albanais venus de Suisse et de la diaspora, qui ont manifesté contre le verdict rendu par les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye à l’encontre de quatre anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), rapporte le journal suisse en langue albanaise LeCanton27.ch.
Cette manifestation s’inscrit dans une série de rassemblements organisés dans plusieurs pays en soutien aux anciens dirigeants de l’UÇK, à la suite du verdict prononcé par les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye.
Devant le Palais des Nations, des centaines de membres de la diaspora, brandissant des drapeaux de l’UÇK, du Kosovo et du drapeau national albanais, ont demandé la libération immédiate des quatre anciens dirigeants détenus à La Haye. Des participants venus de Presheva étaient également présents.
Les manifestants ont brandi des drapeaux rouges et noirs, ainsi que ceux de l’UÇK et du Kosovo. Des chants patriotiques ont également retenti durant le rassemblement.
« PAS EN MON NOM » : LES ALBANAIS PROTESTENT À GENÈVE CONTRE LE VERDICT DE LA HAYE
De la Place des Nations à Genève, la diaspora albanaise fait entendre sa voix après la condamnation à 81 ans de prison de quatre anciens dirigeants de l’UÇK
Le rassemblement, organisé à proximité de la « Chaise cassée », s’est déroulé autour des slogans « Pas en mon nom », « La liberté a un nom » et « Pour une patrie sans parti pris ». Les organisateurs l’avaient présenté comme une manifestation destinée à soutenir les valeurs liées à la guerre de l’UÇK et à protester contre la manière dont le dossier des anciens dirigeants de l’organisation a été traité à La Haye, rapporte le journal suisse en langue albanaise LeCanton27.ch.
Au cœur de la manifestation figurait le verdict rendu le 16 septembre 2026, lorsque les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye ont prononcé leur jugement de première instance à l’encontre de Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi.
Le tribunal a condamné Hashim Thaçi à 25 ans de prison, Jakup Krasniqi à 25 ans, Kadri Veseli à 18 ans et Rexhep Selimi à 13 ans, soit un total de 81 années de prison.
Selon le résumé officiel des Chambres spécialisées, les quatre accusés ont été reconnus coupables de crimes de guerre liés notamment à la détention ou à l’arrestation illégale ou arbitraire, aux traitements cruels, à la torture et au meurtre.
Il convient toutefois de rappeler que le jugement rendu le 16 septembre est un jugement de première instance et que la procédure judiciaire n’est pas définitivement achevée. La défense dispose du droit de faire appel, et la procédure d’appel constituera la prochaine étape majeure de cette affaire.
« Pas en mon nom » : le message venu de Genève
La manifestation organisée aujourd’hui à Genève s’inscrit dans une vague de rassemblements de la diaspora albanaise organisés ces derniers jours dans plusieurs villes européennes.
Pour le 27 septembre, des manifestations ont notamment été annoncées à Genève, Londres, Oslo, Graz, Trévise, Karlsruhe, Lindau, Nuremberg et Skopje, faisant de l’affaire des quatre anciens dirigeants de l’UÇK un sujet important de mobilisation de la diaspora albanaise en Europe.
À Genève, le choix de la Place des Nations n’est pas anodin. Au cœur de la Genève internationale, à proximité des principales institutions et organisations internationales, les manifestants ont voulu rendre visible leur position concernant le verdict rendu à La Haye.
Les organisateurs ont également placé au centre de leur message la question des victimes de la guerre, des personnes disparues et des victimes de violences sexuelles, en l’inscrivant dans le débat plus large autour de la mémoire et de l’interprétation de la guerre du Kosovo.
De La Haye à Genève : onze jours de mobilisation
Depuis l’annonce du verdict, le 16 septembre, des manifestations et rassemblements ont été organisés au Kosovo ainsi que dans la diaspora.
À Pristina, des rassemblements sous le slogan « Pas en mon nom » se sont poursuivis durant plusieurs soirées, tandis que la mobilisation s’est étendue à l’Allemagne, à l’Autriche, à la Suisse, à l’Italie, à la Norvège, au Royaume-Uni et à d’autres pays.
Dans ce contexte, Genève apporte une dimension particulière : celle de la voix de la diaspora albanaise exprimée au cœur de la ville de la diplomatie internationale et des droits humains.
Les manifestants contestent le verdict et expriment leur soutien aux quatre anciens dirigeants de l’UÇK, alors que la procédure judiciaire entre désormais dans sa phase d’appel.
Que reste-t-il après la manifestation ?
Après le 16 septembre, la bataille ne se joue plus uniquement dans la rue. Elle se déplace également dans les salles d’audience.
Le verdict de La Haye a suscité de fortes réactions au Kosovo et au sein de la diaspora. Il convient cependant de souligner une nouvelle fois que le jugement du 16 septembre n’est pas définitif, puisqu’il peut faire l’objet d’un appel.
La manifestation organisée aujourd’hui à Genève montre, de son côté, que le débat autour de la guerre de l’UÇK, de ses quatre anciens dirigeants et de la manière dont les Chambres spécialisées ont traité ce chapitre de l’histoire du Kosovo est loin d’être clos.
Depuis la Place des Nations, au milieu des drapeaux, des pancartes et des slogans « Pas en mon nom », la diaspora albanaise a voulu envoyer aujourd’hui depuis Genève un message politique et citoyen : pour les manifestants, le verdict de La Haye ne constitue pas le dernier mot sur l’histoire et la mémoire de la guerre du Kosovo.
