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mercredi 10/06/2026

Prochaine manifestation en Suisse: Demain à Genève, devant l’ONU, après le travail à 18h, contre le gouvernement d’Edi Rama !

«L’Albanie n’est pas à vendre » est devenue l’expression d’une révolte citoyenne qui prend forme à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Au cœur de cette mobilisation se trouve le projet Sazan-Zvërnec, mais l’inquiétude qu’il suscite dépasse largement une décision administrative ou économique ponctuelle. Elle touche à la relation entre l’État et les citoyens, au rapport à l’héritage national, ainsi qu’à la protection du patrimoine naturel et historique de l’Albanie, annonce le journal suisse en albanais LeCanton27.ch.

  • Genève, le 11 juin 2026, à 18h00, sur la Place des Nations, devant le Bureau des Nations Unies.
  • Berne, le 13 juin 2026, à 16h00, devant l’Ambassade de la République d’Albanie en Suisse.

La protestation de la diaspora albanaise à Genève s’inscrit dans ce réveil citoyen. Elle vise à exercer une pression morale et politique sur les décisions prises à Tirana, tout en attirant l’attention de l’opinion publique internationale. Genève porte, à cet égard, une portée symbolique particulière : la présence de l’ONU, des organisations internationales, des conventions et des agences multilatérales liées à la protection de la nature, du patrimoine et des droits fondamentaux donne à cette mobilisation une résonance plus large.

Sazan et Zvërnec : quand le peuple dit « assez » — l’Albanie vivra, on se bat pour elle

Cette mobilisation montre que l’inquiétude pour le destin de l’Albanie ne connaît pas de frontières. Étudiants, jeunes et citoyens albanais se rassemblent autour d’un même appel à la responsabilité publique, à la dignité et à la défense du patrimoine national. Les protestations entrent aujourd’hui dans leur onzième jour et s’étendent désormais à 22 pays dans le monde.

Au cœur de ce mouvement en Albanie se trouve la jeunesse : lycéens, étudiants, toute une génération qui se lève pour dire « non » à l’émigration forcée. L’émigration demeure l’une des blessures les plus profondes de l’Albanie depuis les années 1990. Personne ne quitte de gaieté de cœur sa terre, sa famille, sa langue et les siens. C’est pourquoi la participation de la diaspora, qui connaît cette douleur et l’a vécue, revêt une signification symbolique et historique particulière.

Le message de la jeune génération est clair : partir d’Albanie ne doit pas être un destin imposé par la mauvaise gouvernance. Les jeunes demandent des conditions dignes pour vivre dans leur propre pays. L’Albanie continue de voir ses jeunes pousses arrachées ; l’exode ne s’est pas arrêté, le pays se vide et la nation fait face à un risque existentiel.

Le décalage entre la classe politique albanaise et la réalité est tel qu’elle ne voit plus l’évolution sociale et politique remarquable de notre peuple. Ceux qui dirigent sont restés en 1996, tandis que la nation a avancé de trente ans.

Les décisions concernant Zvërnec et Sazan sont perçues par de nombreux citoyens comme le signe d’un profond manque de sensibilité à l’égard du patrimoine national, de l’histoire, de la culture et de la nature albanaises. Elles ne sont pas vues comme des cas isolés, mais comme la continuité d’un mépris de l’intérêt public. C’est précisément pour cette raison que, dans le langage de la protestation, elles sont qualifiées d’anti-albanaises et de trahison nationale.

La protestation née du projet Sazan-Zvërnec est l’explosion d’une colère contenue depuis des années. Elle ne concerne pas seulement un projet précis, mais une sensation plus profonde d’injustice, d’abandon et de mépris que beaucoup d’Albanais ressentent depuis longtemps.

Même si les enjeux environnementaux demeurent urgents et essentiels, cette protestation les dépasse désormais. Elle est devenue une question politique et morale : le refus de l’arrogance du pouvoir, du mépris envers le souverain, et du traitement des terres albanaises comme des espaces sans mémoire, sans histoire et sans maître.

La pression citoyenne exercée sur le gouvernement, ainsi qu’indirectement sur les investisseurs, peut produire des conséquences concrètes. Les investisseurs ne protègent pas seulement des intérêts économiques, mais aussi des intérêts politiques et réputationnels. Dans ce contexte, la récente réaction de l’Union européenne, telle que rapportée par Politico.eu le 7 juin, avertissant que le projet pourrait compromettre le respect des conditions du chapitre 27 dans le processus d’adhésion à l’UE, constitue un signal important.

Après les protestations déjà organisées et les premières réactions internationales, un seuil important de mobilisation citoyenne semble avoir été franchi. Dans les circonstances actuelles, la poursuite du projet apparaît de plus en plus difficile à défendre politiquement et moralement. Pour autant, la résistance citoyenne devrait se poursuivre, en solidarité avec les manifestants à Tirana et en cohérence avec les actions menées en Albanie. La stratégie de Genève et de la diaspora doit rester étroitement liée à la voix des citoyens sur place.

Cette protestation n’est pas une négociation. C’est un appel à être entendu. Le peuple s’exprime avec force et la politique doit trouver la capacité de comprendre ce message. Aucune décision ne peut être moralement légitime lorsqu’elle va à l’encontre de la volonté des citoyens et de la protection du patrimoine national.

La révolte en cours est un cri pour la dignité. C’est un réveil citoyen, une prise de conscience et un appel à la responsabilité. L’Albanie n’est pas à vendre. Les prochaines manifestations auront lieu:

  • Genève, le 11 juin 2026, à 18h00, sur la Place des Nations, devant le Bureau des Nations Unies.
  • Berne, le 13 juin 2026, à 16h00, devant l’Ambassade de la République d’Albanie en Suisse.

Toutes celles et ceux qui souhaitent s’impliquer dans cette mobilisation citoyenne peuvent nous contacter via LinkedIn, Twitter/X ou Facebook. Aidez-nous à relayer l’information et, surtout : venez, rassemblez-vous avec nous ! Par Dorina Xhixho, politologue, ancienne diplomate.

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