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mardi 28/05/2024

Le député suisse Emmanuel Deonna: Les Kosovars méritent plus de reconnaissance à Geneve et en Suisse

Le député suisse Emmanuel Deonna en conversation avec le rédacteur en chef du journal suisse albanais Le Canton27.ch

Emmanuel Deonna, député au Grand Conseil genevois, est candidat à sa réélection. Il préside la Commission Migration & Genève internationale du Parti socialiste genevois depuis 2014. Il est aussi membre du Comité directeur du Parti socialiste migrant.e.s suisse et de l’Université des cultures de Genève (ex UPSHA). Nous avons échangé avec lui sur les prochaines élections cantonales, la situation des immigrés à Genève depuis le début de la guerre en Ukraine. Il a souligné l’importance d’offrir les meilleures perspectives de vie possibles à toutes les résidentes et résidents genevois et il a souligné l’apport de la communauté albanaise (kosovare) au rayonnement social et culturel de Genève.

  • D’après-vous, pourquoi la communauté kosovare demande-t-elle davantage de reconnaissance de la part des autorités genevoises ?

Aucune description disponible.Emmanuel Deonna: Je m’intéresse depuis longtemps à l’histoire de la migration en Suisse, en particulier celle des travailleuses et travailleurs saisonniers italiens, espagnols, portugais, mais aussi yougoslaves, albanais et kosovars. La présence chez nous des travailleurs immigrés des Balkans date déjà de la moitié des années 1960. 80% de ceux qui avaient fui la guerre à la fin des années 1990 sont repartis dans leur pays. Cependant, plus de 350 000 albanophones vivent aujourd’hui en Suisse. De nombreuses règles politiques et administratives, injustes dans leur grande majorité, déterminaient le statut de travailleur saisonnier. Ces travailleurs ont beaucoup contribué à l’essor économique et culturel de la Suisse. Cependant, ce statut a généré de grandes souffrances car il reposait sur des mécanismes d’exploitation économiques, d’exclusion et de stigmatisation sociales. Il a fallu vraiment beaucoup de courage et de détermination aux travailleurs saisonniers pour faire face à cette situation. Au niveau diplomatique, les liens entre la Confédération et le Kosovo sont étroits et profonds. Ils ne datent pas d’hier. L’ambassadeur suisse Peter Maurer a par exemple évoqué la nécessaire indépendance du Kosovo au Conseil de sécurité de l’ONU en 1998 déjà. Quant à Micheline Calmy-Rey, notre Conseillère fédérale socialiste, elle s’est engagée vigoureusement sur la scène internationale pour faire admettre l’indépendance du Kosovo. Comme vous le savez, une place porte son nom à Viti dans la province de Gjilan.

  • Que faîtes-vous à travers votre action au sein du comité de l’Université des cultures de Genève pour une meilleure intégration de notre communauté ?

Emmanuel Deonna: Je suis membre du comité de cette association depuis 2018. Grâce au soutien du canton et de la ville de Genève, l’Université des cultures de Genève développe de nombreux projets dans le domaine de l’orientation sociale, l’éducation pré-scolaire, la formation (par exemple l’apprentissage de la langue) et l’insertion professionnelle. De plus en plus de personnes de toutes les nationalités bénéficient de l’offre de cours de cette Université. En participant au comité et en proposant des activités au sein de cette association, je m’engage pour un meilleur vivre-ensemble, le dialogue interculturel et la lutte contre le racisme. Je suis également membre du comité de la Fédération Maison Kultura. Il s’agit d’une association et d’un mouvement trans-parti pour la promotion de la diversité linguistique et culturelle, pour la prévention de l’exclusion, du racisme, de l’intolérance religieuse et des discriminations. Grâce à mon implication au sein de l’Université des cultures de Genève et de la Fédération Maison Kultura, je m’engage aussi pour mobiliser les associations pour qu’elles donnent de la voix et se fassent entendre au niveau cantonal.

  • Pourquoi est-ce si important d’après vous de valoriser la diversité ethnoculturelle à Genève et que doit-on faire pour y parvenir ?

Emmanuel Deonna: Comme vous le savez, mon parti, le parti socialiste, est le parti qui s’engage contre les inégalités. Nous développons une vision de justice globale à l’échelle municipale, cantonale, fédérale et internationale. D’après nous, il faut reconnaître et affirmer que les êtres humains ont des identités multiples. La migration a toujours marqué l’histoire de l’humanité. Près d’un cinquième de notre population est déjà âgé de 65 ans ou plus, proportion qui devrait atteindre 30 % en 2060. Donc, à l’avenir, nous aurons besoin de toujours plus de personnes sur le marché du travail. L’immigration contribue à la prospérité économique en augmentant la proportion de personnes en âge d’activité dans la population. De plus, le dialogue interculturel entre migrant.e.s de différentes cultures nous aide à trouver les meilleures solutions, les plus innovantes et qui respectent le plus les droits humains. La société dans son ensemble doit reconnaître l’interculturalité et le pluralisme culturel comme des richesses essentielles à préserver et cultiver.

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